mercredi 17 juillet 2019

Remerciements (1)


J'adore les remerciements des auteurs en première page de leurs œuvres. Certains sont assez savoureux.




J'aimerais ici remercier Jeannette pour le dessert, c'était délicieux.
Donald Westlake  
The Scared Stiff (Mort de Trouille

dimanche 30 juin 2019

Dernier jour, dernières heures




Dernier jour, dernières heures.
Ce ne sont pas les premières, ni peut-être les dernières
pourtant, aucune nostalgie, ni même de "si j'avais su".
Prévoyant, j'avais lu Cocteau, Cossery ou Vialatte
chacun avait ses mots, ses adjectifs,
le mien sera : indolent .
Pas d'adieux "à l'africaine"
pas de rires, d'embrassades, de chanson
seulement l'envoyé spécial du propriétaire venu reprendre les clés
 et lorgnant au passage les quelques objets à  dérober.
Ici, il n'y a plus guère que les mouches
qui soient encore affectueuses.
Décidemment, l'Afrique n'est pas un continent uni
si les mots et les sourires de l'ouest 
dorment toujours dans ma mémoire
les silences de l'est s'envoleront ce soir.
Mes oiseaux chercheront un nouveau balcon accueillant
ils en ont l'habitude.

Julius Marx 
Le Caire 30 juin 2019


lundi 24 juin 2019

Trop



Le monde est "incomptable", rempli de choses, de livres qui parlent des choses,
le monde amasse et les livres amassent ce que le monde amasse
et voir sur sa table des livres et des livres et des livres de photos, des livres d'art et des livres 
 qui parlent d'autres livres et soi s'apprêter à son tour à contenir le monde sur une page,
à contenir cette somme exécrable de profération pour ajouter encore la pile de son propre écho…
Yasmina Reza
Hammerklavier

dimanche 19 mai 2019

Tes petites oreilles invisibles





Orecchiette al ragù
Tes petites oreilles invisibles, connues de moi seule, tes petites oreilles secrètes où ficher ma langue, une langue pointue pour l'occasion, une langue qui fouine, précise, précise. Au bout de la langue la pâte suave, la petite oreille comme un doux prépuce que les dents vont exciter, précises, précises. Heureusement pour calmer la blessure, tout le ragoût  de mots un peu trop cuits que je chguchore à tes oreilles secrètes.

Linguine al tonno
Au bout de la langue, ces pâtes qui ne sont ni des papillons, ni des anneaux , ni des roues, ni des coudes, ni des plumes, ni des oreilles, ni des cheveux d'ange. Rien de tout ça, pas de pappardelle de nourriture, juste le sifflement du désir au bout de la langue, linguine, cet agacement dans les aigus qui fait perdre la tête, qui fait perdre la gravité de l'accompagnement, al tonno, qui, une seconde, fait oublier que la mariée est grevée d'une traîne.

Risotto Veneziano
Le noir encore car le risotto vénitien est à l'encre. Rien cependant n'est plus étranger à Venise que le noir. Ce qui prouve combien il y a de l'or en lui,  combien de fêtes couvent dans la suie. Tu peux goûter au noir dans mon assiette si tu veux et salir tes jolies petites dents blanches. Je te les baiserai.
Les poulpes et les suppions posés sur le riz sont les parures et les vêtements- ma belle robe achetée exprès pour manger avec toi- dont nous nous défaisons.

Trois petits textes  merveilleusement poétiques extraits de "Acqua cotta et autres mots à manger" de Maryline Desbiolles in la revue Critique de Juillet 2004 consacrée à la gastronomie.

jeudi 16 mai 2019

Ombre et lumière





La femme ; l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves.
Baudelaire

samedi 27 avril 2019

Skandria




Alexandrie
Ville passé
Ville du passé
Ville passé décomposé
Ville dépassée

dimanche 21 avril 2019

Puisque nous devons souffrir






Trouvé ceci dans "L'œil du Criquet" de James Sallis.

"Puisque nous devons souffrir, autant créer le monde dans lequel nous souffrons. C'est ce que les héros font spontanément, les artistes consciemment, et tous les hommes selon leurs capacités".
Richard Ellman