dimanche 20 septembre 2026

Vers la source et le ruisseau





 Ainsi, en continuant la promenade jusqu'à la source sous les saules, aussi musicale que des verres entrechoqués doucement, donnant naissance à un ruisseau de bonne taille qui jaillit, épais comme mon cou, pur et clair, sortant de son trou là ou la rive s'arque comme un grand sourcil marron et brousailleux, ou comme dans la voûte d'une bouche, gargouillant  gargouillant sans cesse, signifiant, disant quelque chose, bien sûr (si seulement on pouvait le traduire), gargouillant toujours à cet endroit, toute l'année, ne renonçant jamais- des océans de menthes, de mûres en été, un choix de lumière et d'ombre, juste l'endroit pour mes bains de soleil de juillet, et des bains d'eau aussi - mais surtout son inimitable gargouillis, pendant que je reste assis lors de chauds après-midi. Comme tout cela pénètre et se développe en moi, jour après jour, parfaitement accordé, le parfum sauvage et presque palpable, l'ombre mouchetée des feuilles, et toutes les influences du lieu, naturelles et médicinales, élémentaires et morales.

Poursuis, ô ruisseau, le babil de tes propos !

Walt Whitman

Comme des baies de genévrier


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