"J'aime lire allongée sur un canapé, mais ceci n'est pas une profession, hélas." Fran Lebowitz
dimanche 29 octobre 2017
Ils écoutent
Ce qu'est pour nous
le doux chant d'automne des criquets
c'est ce que nous sommes pour les arbres
et c'est ce qu'eux-mêmes sont
pour les rochers et les collines.
Gary Snyder
(Montagnes et rivières sans fin)
mercredi 25 octobre 2017
Un bon bouquin pour Serge Quadruppani
Maintenant, à l’aube du
vingt et unième siècle, la plupart des sociétés sont en panne.
Dès lors, que peut faire la poésie? Depuis au moins un siècle et
demi, les écrivains socialement engagés des pays riches ont une
vocation de résistance et de subversion. La poésie peut révèler
les mésusages du langage pratiqués par ceux qui détiennent le
pouvoir, elle peut s’en prendre aux archétypes dangereux qui
servent d’alibi à l’oppression, et elle peut pointer les
faiblesses des mythologies de pacotille.
Gary Snyder
A Place in Space,
“What Poetry did in
China”
Le bouquin, c’est
“Aristocrates Sauvages” (The Etiquette of
Freedom) paru en France en 2010. Une centaine de pages de
conversation entre Jim Harrison et Gary Snyder à propos de notre
joli monde et des hommes qui l’habitent.
vendredi 13 octobre 2017
mardi 10 octobre 2017
mercredi 4 octobre 2017
Après notre mort
Après notre mort
on devrait nous mettre dans une boule, cette boule serait en bois de
plusieurs couleurs. On la roulerait pour nous conduire au cimetière
et les croque-morts chargés de ce soin porteraient des gants
transparents, afin de rappeler aux amants le souvenir des caresses.
Francis Picabia
(Ecrits)
mardi 3 octobre 2017
Monde des ténèbres
Le
soleil mourait à l’ouest et son sang tachait le ciel. J’aurais
pu être poète, pensa-t-il. Ecrivain. Mais
c’eût été gâcher, grandement gâcher son talent. La vie d’un
écrivain est courte, limitée à celle du papier sur lequel ses
paroles sont inscrites, et à la capacité de mémoire de ses
lecteurs. Le papier est friable et tombe bientôt en poussière, et
les vers mangent la mémoire des hommes.
Et
qui mange les vers ?
Robert Bloch
Night-World
(Monde des ténèbres)
Traduction
Jean-Patrick Manchette
lundi 24 juillet 2017
Le Polar Est Amour (30)
-Bêê-naaard ?
reprit-elle. Parfois, je fume après l’amour.
-Ca ne
m’étonne pas, lui répondis-je. Oh, tu voulais dire…une cigarette ?
-Oui.Ca te
gêne ?
-Non, bien
sûr que non.
-Elles sont
dans le tiroir de la table de nuit. Ca ne t’ennuierait pas de me les
passer ?
Je lui
tendis un paquet de Camel sans filtre à moitié plein. Elle en mit une entre ses
lèvres et me laissa craquer une allumette pour la lui allumer. Elle tira dessus
comme si sa vie en dépendait, puis ourla les lèvres et rejeta la fumée telle
Bacall montrant à Bogart comment siffler.
-Bien sûr
une cigarette ! me lança-t-elle soudain. Qu’est-ce que je pourrais fumer
d’autre, Un hareng ?
-Non, sans
doute pas, acquiesçai-je.
-C’est pour
adoucir la tristesse, précisa-t-elle. Te dirai-je quelque chose ? Je
voulais faire l’amour avec toi le premier soir, Bêêr-naaard. Mais je savais que
ça me rendrait triste.
-Je ne suis
donc pas si bon que ça ?
-Comment
peux-tu dire une chose pareille ? Tu es un amant merveilleux. C’est pour
ça que tu me brises le cœur.
-Je ne
comprends pas.
-Regarde-moi
Bêêr-naaard.
-Tu pleures.
Je tendis la
main pour essuyer une larme au coin de son œil. Une nouvelle l’y remplaça
promptement.
-Il est
inutile de les essuyer, me dit-elle. Il en vient toujours d’autres.
Lawrence Block
The burglar who Thought
he was Bogart
(Le Bogart de la cambriole)
Photo : Bogart/ Bacall (to have and to have not)
Inscription à :
Articles (Atom)






