mardi 6 décembre 2011

Le Ying et le Yang


Vivre sur le continent africain, c'est se sentir comme ce petit point blanc. C'est être craint ou rejeté, mais toujours épié, observé. C'est croiser sans cesse le regard abonné à la souffrance. Hier, une petite fille sanglée sur le dos  de sa mère a éclaté en sanglots en me découvrant. C'était sans aucun doute la première fois qu'elle voyait "le blanc".
Sur le continent opposé, le petit point noir lui aussi se sent bien seul, abandonné par les siens. Il  craint probablement le regard de l'autre.Il se sent épié, observé, à chaque instant de sa pauvre journée .
Les deux petits points s'accordent pourtant sur la même pensée : les quelques années qu'il me reste à me traîner sur cette terre, je ne veux pas les passer au milieu des rustres.
Les deux supplient leurs Tout-puissants respectifs de les emporter, mais justement, quand on veut mourir, on vit.
Décidément l'homme n'a d'imagination ni dans son pessimisme ni dans son optimisme.
Alexandre Outis (Choses Vues)

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