La belle
Mercedes vient se garer devant la boutique de fruits et légumes. Sa conductrice
ne descend pas de sa voiture. Elle donne plusieurs petits coups de klaxon,
nerveux. Un échalas sort aussitôt de la boutique et vient se poster à la
portière de la voiture, côté passager. Il se casse en deux. La vitre descend
silencieusement. L’échalas écoute la demande de la conductrice en hochant
simplement la tête. Puis, il retourne vers la boutique en traînant des pieds.
Il réapparaît quelques minutes plus tard, tenant deux sacs plastique dans sa
main. La vitre redescend lentement. Les sacs rejoignent le siège avant. L’échalas
tend la main pour récolter un petit billet. Il fait un signe qui ressemble
vaguement à un salut militaire et repart en direction de sa boutique. Le voilà
qui revient. La vitre redescend lentement. L’échalas rend la monnaie du kilo d’oignons
ou de la livre de carottes. Lorsque la belle Mercedes repart, il n’a pas encore
achevé son second salut militaire.
Pendant
toutes mes années d’expatriation, ou bien encore avant, à l’époque dite coloniale,
je n’ai jamais vu un tel manque de respect. Ce genre de scènes, que l’on peut
voir assez souvent dans la rue, me donne toujours une furieuse envie de balancer un caillou
sur les voitures.
Vous parlez
de lutte des classes ?
Julius Marx
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