mardi 3 mars 2015

Un touriste sur le Grand Nil

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Celui qui préfère qu’on l’appelle voyageur quitte son pays pour découvrir un autre monde, une autre vie. Le touriste, probablement pour que la réalité (toutes les réalités) soit à la hauteur de sa propre fiction. Pour le voyageur, la découverte doit être complète. Il ne s’intéresse pas aux seuls monuments ou curiosités de la nature mais aussi aux coutumes locales, à la nourriture, aux différents modes de vie des habitants du pays et à ses inévitables inégalités sociales. Inégalités qu’il ne cessera de dénoncer sans jamais se rendre compte qu’il contribue lui aussi à creuser encore un peu plus le fossé qui sépare les nantis des misérables.   Le touriste se déplace pour vérifier. Il doit absolument constater de visu que toutes les photos ou les films qu’il a subit ,depuis qu’il sait lire ou regarder un écran sur le pays choisi  sont bien nés d’une réalité et non d’un fantasme, d’une affabulation des différent médias. C’est en partie pour cette raison qu’il s’étonnera, par exemple, de ne pas découvrir les pyramides   de Gizeh en plein désert. Pour lui, tout n’est qu’histoire de cadre. Il devra donc produire de gros efforts d’ingéniosité pour photographier la grande pyramide de Khéops sans qu’aucune représentation du monde moderne ne vienne parasiter son image, ce qui  la rendrait réelle, vivante parmi les vivants. Pour que son cadre soit parfait il doit être imaginaire. Bien entendu, l’un et l’autre demeurent persuadés que leur propre manière de voyager est l’unique façon de découvrir les contrées éloignées. Pourtant, lorsqu’ils se retrouvent face à face, profitant des nombreuses périodes de hasard qu’offre le voyage, ils s’insurgent vivement contre cette véritable invasion que sont les touristes. Selon leur propres codes de valeurs, ces gens ne respectent rien, ni personne : c’est l’évidence même !
Le voyageur comme le touriste utilisent beaucoup l’expression « ce qu’il faut faire ». Il existe certainement pour chaque pays de la planète (les guides sont édités pour cela)  une liste ou sont répertoriés ; monuments, lieux particuliers voir insolites, spécialités locales (culinaires ou religieuses) etc… Alors, lorsque le voyageur et le touriste débarquent, c’est le début d’une  quête, d’un idéal.

De retour d’un périple (le mot n’est pas trop fort) sur le grand Nil je vais débuter moi aussi le récit de mon voyage dès que j’aurai réussi à mettre un peu d’ordre dans mes fichues notes.
Cette première vidéo, tournée à Karnak, est, à n'en pas douter, l'oeuvre d'un touriste. L'auteur va-t-il peu à peu se transformer en voyageur ou se complaire dans sa pénible condition? Vous le saurez dans les prochains épisodes.
Julius Marx 

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